La morsure du Bitcoin ou pourquoi les banques centrales devraient ...

Analyse Bitcoin

Publié: 10/12/2017 8:40:00 AM
Analyse Générale


Dans les coulisses, un malaise grandit quant au degré de disruption que ces nouvelles monnaies pourraient avoir sur les secteurs bancaires et des paiements. Au cours de l’été, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et le Forum économique mondial (WEF) ont publié des rapports détaillés faisant l’état des lieux et de leurs préoccupations. Les banques centrales doivent se réveiller face aux crypto-monnaies.

Ces dernières semaines l'ont montré, rares sont les problématiques aussi inquiétantes pour les banques centrales que la peur de perdre le contrôle de leurs monnaies. Récemment, la banque centrale chinoise a interdit les levées de fonds en Bitcoin, conduisant à une baisse temporaire de 15 % de la valeur des crypto-monnaies.

Dans les coulisses, un malaise grandit quant au degré de disruption que ces nouvelles monnaies pourraient avoir sur les secteurs bancaires et des paiements. Au cours de l'été, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et le Forum économique mondial (WEF) ont publié des rapports détaillés faisant l'état des lieux et de leurs préoccupations. 

Jusqu'à présent, les grands gagnants des innovations technologiques ont été les clients. Les innovations apportées par les fintech bancaires semblent avoir été moins disruptives qu'anticipées, principalement car elles ont largement échoué à faire évoluer les bases concurrentielles d'un environnement aussi réglementé, selon le rapport du WEF. La technologie a plutôt permis d'améliorer sensiblement le service à la clientèle et de faire chuter le coût des transactions.

Mais trois grandes préoccupations subsistent, au-delà de question de la résilience aux cyberattaques.

Tout d'abord les banques, qui ont fait tellement d'effort pour se protéger contre toute éventualité, seront-elles mises en danger par les nouveaux entrants ? Autrement dit, vont-elles subir un risque aussi important que celui qu'Amazon inflige à d'autres industries ? Les banquiers ont eu tendance à penser que la réglementation rendrait les services financiers moins attrayants pour les nouveaux acteurs, mais ils se rendent désormais compte que de nouveaux rivaux extérieurs au monde bancaire peuvent les attaquer sur des segments plus rentables et rendre les acteurs traditionnels, régulés, moins profitables.

Ensuite, les banques perdront-elles de leur importance à mesure qu'un plus grand volume de prêts s'éloignera du cadre réglementaire ? Depuis 2009, des pans entiers d'activité sont passés des banques aux gestionnaires d'actifs. Plus de 600 milliards de dollars ont été levés pour financer la dette privée, d'après les données de Preqin. Par conséquent, les dirigeants politiques concentrent désormais leurs analyses sur le secteur non bancaire. La dépendance croissante des banques à l'égard des grandes entreprises technologiques pour la gestion de leurs infrastructures incite les décideurs à se poser la question suivante : quels acteurs seront plus importants sur un plan systémique ?

Troisièmement, les banques centrales perdront-elles le contrôle des paiements, si le volume de crypto-monnaies émises par le secteur privé devait augmenter ? L'émission de devises est une activité lucrative, car les banques centrales empochent la différence entre le coût d'émission d'une pièce de monnaie ou d'un billet de banque, et sa valeur nominale.

Les banques centrales craignent également de perdre leur capacité à surveiller les échanges mondiaux. Compte tenu de la lutte globale contre le terrorisme et le crime organisé, il s'agit là d'une préoccupation majeure. Dans un scénario extrême, les banques centrales pourraient même craindre de perdre le contrôle de l'offre monétaire.

Jusqu'à récemment, les décideurs politiques ne s'inquiétaient que très peu des crypto-monnaies, car elles offraient peu d'avantages en tant que monnaies, à l'exception de ceux qui y voyaient l'opportunité d'effacer toutes traces de transactions. Elles ne sont pas une "réserve de valeur", comme l'ont montré les récents mouvements liés à la Chine. Elles ne sont pas non plus assez largement acceptées pour être un moyen utile d'échange. Enfin, les monnaies numériques ne sont pas aussi sécurisées que prévu, ayant été piratées avec succès à plusieurs reprises cette année, et ce à des échelles considérables.

Avec l'augmentation du volume des crypto-monnaies, nous devrions nous attendre à ce que davantage de banquiers centraux cherchent à les interdire ou à en freiner l'utilisation. Ce phénomène sera particulièrement visible dans les pays qui s'inquiètent d'une fuite des capitaux et du crime organisé. Cela n'arrêtera pas les spéculateurs et les enthousiastes, mais limitera leur potentiel à créer les puissants effets de réseau qui pourraient en faire des monnaies parallèles utilisables.

Peut-être ces nouvelles préoccupations devraient-elles inciter les banques centrales à rendre leurs monnaies respectives plus attrayantes. De toute évidence, des protocoles plus efficaces pour les paiements électroniques seraient bien utiles, et il y a beaucoup à apprendre de la technologie Bitcoin. C'est une autre raison pour laquelle la Banque centrale européenne, la Banque du Japon et autres devraient envisager de mettre fin - plutôt tôt que tard - à leur expérimentation dangereuse des taux d'intérêt négatifs.

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Support: Bitcoin
Source: LES ÉCHOS
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